Masterclass de deux jours à Londres, 20-21 novembre : Il vous reste 43 jours, 5 heures, 54 minutes et 28 secondes pour vous inscrire !

Les meilleurs réglages pour la photographie de rue (et quand j’utilise le zone focus)

Publié le 2 octobre 2026

Dans la rue, vous avez rarement le temps de tourner des molettes. Quelqu’un sort d’une porte, se retourne un instant, et deux secondes plus tard, c’est terminé. Si vous êtes encore en train de faire la mise au point, vous aurez une photo de dos.

Mes réglages pour la photographie de rue servent donc surtout à préparer l’appareil avant qu’il se passe quelque chose. Vous les choisissez avant de sortir, ou quand vous vous installez quelque part pour attendre. Ensuite, l’idée est de ne plus avoir à y penser.

Photo en noir et blanc d’un cycliste net sur un arrière-plan flouté par le mouvement, prise lors d’une balade photo à Amsterdam
Un filé sur un cycliste lors d’une balade photo à Amsterdam : le cycliste est net, la ville derrière lui est en mouvement.

Dans cet article, je passe en revue les réglages qui font la différence dans la rue. J’explique aussi quand j’utilise le zone focus. Vous trouverez une version courte de ces repères dans ma Check-list photographie de rue. Si vous voulez d’abord savoir ce qui compte au-delà de la technique, lisez les quinze leçons que j’ai mis des années à apprendre. Il n’y est presque jamais question de boutons. Ce n’est pas un hasard.

Vitesse d’obturation : 1/250 de seconde ou plus rapide

Si je ne devais retenir qu’un seul réglage, ce serait celui-ci. Dans la rue, tout bouge. Les gens marchent, roulent à vélo, tournent la tête. Et vous non plus, vous n’êtes pas toujours immobile.

Mon repère, c’est 1/250 de seconde ou plus rapide. Cela permet de figer quelqu’un qui marche sans que ses pieds ou ses mains soient flous. Si ça bouge plus vite, avec des cyclistes, des enfants qui courent ou quelqu’un qui passe tout près de vous, 1/500 ou 1/1000 de seconde n’a rien de superflu.

Quand la lumière baisse, une vitesse plus lente est tentante. Au moins, les ISO restent bas. Je ferais l’inverse. Un peu de bruit pose rarement problème. Un visage flou, si.

Parfois, vous voulez justement montrer le mouvement : des gens qui passent comme des ombres devant une façade immobile, ou un cycliste que vous suivez en filé. Vous choisissez alors volontairement une vitesse plus lente. J’y reviens plus loin. Tout est dans ce choix. Ce mouvement dans la photo, c’est vous qui le voulez. Ce n’est pas votre appareil qui vous l’impose en ralentissant l’obturation parce que la lumière a baissé.

Ouverture : privilégiez la profondeur de champ

En portrait, on cherche souvent la plus grande ouverture possible pour obtenir un arrière-plan doux et flou. Dans la rue, c’est généralement l’inverse.

Vous cherchez de la profondeur de champ. Vous avez peu de temps pour faire une mise au point précise, et le décor compte souvent autant que la personne. La façade, le magasin, cette deuxième personne à l’arrière-plan qui regarde exactement du bon côté : vous voulez pouvoir les voir.

Sur ma check-list, j’indique f/4,5 ou une ouverture plus petite, donc un chiffre plus élevé. Dans la plupart des situations, vous serez bien entre f/5,6 et f/8. En journée, avec suffisamment de lumière, f/8 est un bon point de départ. Quand il fait plus sombre, vous passez à f/5,6 ou vous ouvrez davantage. Vous acceptez alors un peu moins de profondeur de champ.

Une petite ouverture pardonne aussi davantage. Si vous vous trompez d’un demi-mètre dans votre mise au point, le sujet reste souvent dans la zone de netteté à f/8. À f/2, votre photo est ratée.

ISO et ISO auto

Les ISO aussi bas que possible, voilà ce qu’indique ma check-list. C’est juste, mais dans la rue, « aussi bas que possible » ne veut pas dire la même chose qu’en studio. Les ISO viennent en dernier. Vous choisissez d’abord une vitesse assez rapide et une ouverture qui donne suffisamment de profondeur de champ. Ensuite, vous prenez les ISO qu’il vous faut.

C’est pour cela que les ISO auto sont si pratiques dans la rue. Vous passez en mode manuel ou en priorité à l’ouverture, vous choisissez votre ouverture et vous laissez l’appareil régler les ISO. Définissez aussi une vitesse minimale. Sur la plupart des appareils, ce réglage se trouve dans le menu des ISO auto. Fixez-la à 1/250 de seconde : l’appareil augmentera les ISO avant de choisir une vitesse plus lente.

Fixez également une limite ISO dont le rendu vous convient. Les appareils modernes encaissent bien la montée en ISO, surtout en noir et blanc. Le bruit y ressemble davantage à du grain qu’à un défaut.

J’utilise un Fujifilm X100V, un appareil compact à objectif fixe. Le fonctionnement précis des ISO auto varie selon l’appareil et la marque. Prenez donc le temps de chercher dans le menu du vôtre. Un quart d’heure de recherche vous épargnera ensuite pas mal de complications dans la rue.

Mode manuel, priorité à l’ouverture ou automatique ?

Le choix du mode compte moins que vous ne le pensez. À condition de savoir ce que l’appareil décide à votre place.

Le mode manuel avec ISO auto donne un fonctionnement très prévisible dans la rue. Vous réglez vous-même la vitesse sur 1/250 et l’ouverture sur f/8. L’appareil ne s’occupe que des ISO. Vous savez ainsi que le mouvement sera figé et que vous aurez la profondeur de champ voulue. Vous passez du soleil à l’ombre, l’appareil s’adapte sans que vous ayez quoi que ce soit à faire.

La priorité à l’ouverture fonctionne aussi très bien, à condition d’avoir défini cette vitesse minimale dans le menu des ISO auto. L’appareil choisit alors la vitesse, sans descendre sous la limite que vous avez fixée.

Le mode tout automatique n’est pas interdit. Simplement, l’appareil choisit parfois une vitesse lente ou une grande ouverture. Vous perdez alors les deux réglages que vous aviez choisis plus haut. Je l’utiliserais pour commencer, puis je m’en passerais dès que possible.

Zone focus : quand je l’utilise

Voici ce qui fait, pour moi, la plus grande différence dans certaines situations. Beaucoup hésitent à s’y mettre parce que le terme semble technique. Ce n’est pas si compliqué.

En zone focus, vous faites la mise au point sur une distance, plutôt que sur une personne. Vous passez en mise au point manuelle et vous réglez la distance sur environ 3 mètres. Avec une ouverture de f/8 et une focale de 28 ou 35 mm, tout ce qui se trouve entre deux et cinq mètres est alors à peu près net. L’étendue exacte de cette zone dépend de votre appareil, de votre objectif et de votre degré d’exigence. Mais cela donne un ordre d’idée.

Tout ce qui se passe dans cette zone est donc net. Vous n’avez pas à attendre que l’autofocus trouve quelque chose, ni à choisir le visage sur lequel il doit faire le point. Vous voyez quelque chose, vous levez l’appareil et vous déclenchez.

C’est pour cela que je l’utilise. Il supprime une étape entre voir et photographier. Dans la rue, c’est souvent à cette étape que ça se joue. L’autofocus est rapide, mais il choisit parfois le mauvais sujet. Une zone ne choisit rien. Elle est là.

Il faut tout de même apprendre à estimer les distances. Trois mètres, c’est environ deux grands pas plus une longueur de bras, ou la largeur d’un trottoir moyen et un peu plus. Voici un exercice utile : faites la mise au point à trois mètres et marchez dans une rue. Pour chaque personne, estimez si elle se trouve dans votre zone. Après quelques essais, cela devient naturel.

Autre avantage appréciable : vous n’avez même pas besoin de porter l’appareil à l’œil. Puisque la mise au point est déjà réglée, vous pouvez aussi photographier à hauteur de poitrine ou de hanche. À vous de voir si vous en avez envie. Moi, j’aime avoir cette possibilité.

Quand l’autofocus est utile

Le zone focus n’est pas une religion. Je dirais que je travaille environ 80 % du temps en autofocus. Je prends mon temps. Il y a des moments où l’autofocus fonctionne tout simplement mieux.

Quand votre sujet se trouve hors de votre zone, par exemple. Quelqu’un à dix mètres, ou au contraire tout près, pour une photo de rue qui se rapproche du portrait. L’autofocus est aussi utile quand la lumière baisse et que vous devez ouvrir beaucoup le diaphragme. À f/2, la profondeur de champ est si réduite que le zone focus ne fonctionne presque plus.

Si vous avez le temps, l’autofocus convient aussi très bien. Si vous attendez devant un décor que quelqu’un entre dans une tache de lumière, vous pouvez faire la mise au point sur cette tache à l’avance. C’est en fait un mélange des deux méthodes : vous utilisez l’autofocus pour définir votre zone, puis vous gardez cette mise au point.

Si vous travaillez avec l’autofocus, choisissez un petit collimateur que vous placez vous-même, ou un mode de détection des visages. Dans la rue, une grande zone automatique fait aussi souvent le point sur un lampadaire que sur une personne.

La correction d’exposition à contre-jour

Votre appareil mesure la lumière et essaie de tout ramener à un gris moyen. En général, ça fonctionne. À contre-jour, ou face à un mur très éclairé à côté d’une ombre profonde, il se trompe souvent.

L’ombre devient gris moyen et les hautes lumières sont brûlées. La correction d’exposition permet d’ajuster le résultat. Vous voulez des silhouettes sur un fond clair ? Ou une tache de lumière qui reste bien lumineuse, avec tout le reste dans l’obscurité ? Réglez alors la correction d’exposition sur moins un, voire moins deux IL.

L’inverse est aussi vrai. Un mur blanc, de la neige ou une vitrine très éclairée peuvent inciter l’appareil à trop assombrir la photo. Dans ce cas, corrigez légèrement l’exposition vers le plus.

Après quelques photos, regardez votre écran ou votre histogramme. Vous n’avez pas besoin de vérifier chaque photo. Quand la lumière change, un coup d’œil suffit pour contrôler votre réglage.

Photographiez en RAW

C’est peut-être le réglage le plus simple de tous : passez votre appareil en RAW. Ou en RAW et JPEG simultanément, si vous aimez les JPEG de votre appareil.

Une photo en RAW contient beaucoup plus d’informations. Cela permet de rattraper une photo légèrement trop sombre ou trop claire. Vous pouvez modifier la balance des blancs après la prise de vue. Vous pouvez aussi convertir une photo couleur en noir et blanc avec beaucoup plus de contrôle qu’avec un JPEG.

Dans la rue, vous n’avez pas toujours le temps d’obtenir une exposition parfaite. Le RAW vous laisse une marge quand vous avez réglé un peu à côté. Je retouche mes photos dans Capture One, mais tous les logiciels de retouche savent traiter le RAW.

Le filé : le cycliste sur la photo

La photo qui accompagne cet article montre un cycliste net, tandis que l’arrière-plan défile en traînées. C’est ce qu’on appelle un filé. Pour moi, c’est l’une des plus belles exceptions à la règle du 1/250.

Vous choisissez une vitesse plus lente. Personnellement, j’utilise toujours le 1/15 de seconde. Suivez votre sujet avec l’appareil, à la même vitesse que lui. Au moment où il passe devant vous, déclenchez. Continuez à le suivre, même après la fermeture de l’obturateur. Pivotez à partir des hanches, pas seulement avec les bras.

Comme votre mouvement accompagne celui du sujet à la même vitesse, celui-ci reste assez net. Tout ce qui est immobile s’étire en traînées. Plus la vitesse d’obturation est lente, plus l’effet est marqué. Et plus vous ratez de photos.

Ça fait partie du jeu. Le filé demande beaucoup d’essais. Un cycliste est un bon sujet, parce qu’il se déplace en ligne droite à une vitesse assez constante. Installez-vous près d’une piste cyclable, choisissez un endroit avec un arrière-plan chargé et accordez-vous un quart d’heure.

Un mémo des réglages pour la photographie de rue

Vous n’avez pas besoin de tout retenir. Voici quelques points de départ. Ce ne sont pas des lois, simplement des réglages avec lesquels vous pouvez sortir photographier tout de suite. Dans les trois cas, je pars du RAW, d’un zone focus réglé sur environ 3 mètres et des ISO les plus bas que la situation permet.

Journée ensoleillée

  • Vitesse : 1/500 de seconde ou plus rapide
  • Ouverture : f/8, ou f/11 en forte lumière
  • ISO : la valeur la plus basse de votre appareil
  • À surveiller : corrigez l’exposition vers le moins en présence d’ombres dures

À l’ombre, ou dans une rue bordée de hauts immeubles

  • Vitesse : 1/250 de seconde
  • Ouverture : f/5,6
  • ISO : ISO auto, avec une vitesse minimale de 1/250
  • À surveiller : à f/5,6, la zone de netteté se resserre un peu, estimez donc les distances plus précisément

Temps couvert

  • Vitesse : 1/250 de seconde
  • Ouverture : f/5,6 à f/8
  • ISO : ISO auto, avec une vitesse minimale de 1/250
  • À surveiller : une lumière douce pardonne beaucoup, mais peut donner un rendu plat, surtout en couleur

Et puis vous les oubliez

Ce qu’il y a de mieux avec de bons réglages, c’est qu’au bout d’un moment, vous n’y pensez plus. Vous préparez votre appareil, vous sortez dans la rue et vous n’avez plus qu’à regarder. Après tout, c’est pour cela que vous étiez sorti.

Dans mes workshops de photographie de rue, nous sortons donc rapidement photographier. Les explications viennent en chemin. Un objectif à focale fixe entre 28 et 50 mm convient très bien. Vous pouvez aussi participer avec votre téléphone. Le workshop de photographie de rue conceptuelle comprend également le livre en néerlandais Straatfotobijbel, avec 101 conseils et exercices pour continuer chez vous.

Vous préférez travailler vos réglages à votre rythme ? Réservez un workshop individuel dans la ville de votre choix. Nous commençons par un café, puis nous photographions tous les deux pour que vous voyiez comment cela se passe en pratique.

← Tous les articles

S’inscrire à ma newsletter

Inscrivez-vous maintenant et recevez gratuitement mon e-book avec 5 conseils indispensables pour la photographie de rue !