Masterclass de deux jours à Londres, 20-21 novembre : Il vous reste 36 jours, 18 heures, 59 minutes et 44 secondes pour vous inscrire !

Retrouvailles avec un vieil ami

Publié le 21 septembre 2025

Quand j’ai acheté mon premier appareil, nous avions des pellicules et je ne savais rien des ouvertures. Viser, déclencher et avancer le film. Esther, ma femme, avait autrefois un Minolta. Moi, je crois que je n’avais pas d’appareil du tout, mais je faisais dans ma tête des photos de ce que je voyais. Le Canon 350D me dit vaguement quelque chose. Je pense que c’était mon premier appareil numérique. 8 mégapixels, un ISO maximal de 1600 et certainement pas d’écran tactile.

Je faisais des photos de vacances avec un 70-300 mm que je n’achèterais plus jamais aujourd’hui. Après bien des compacts est arrivé un Sony DSC-RX100M4, avec lequel je pouvais déjà faire beaucoup plus. Jusqu’à ce que je me plonge vraiment dans la photographie.

Fin 2020, j’ai acheté un Fujifilm X-T3. C’est l’appareil qui a allumé chez moi toutes sortes de feux photographiques. Je venais de quitter mon emploi précédent et je voulais changer complètement de cap. Ce Fujifilm l’a fait. Grâce à cet appareil et à son petit frère, le Fujifilm X100V, je suis entré dans la photographie les deux pieds en avant. Photographie de rue, portraits et coulisses.

Et pourtant, le X-T3 et moi n’avons été amis que peu de temps. Comme le terme plein format m’attirait énormément, j’ai échangé en octobre 2021 mon Fujifilm, très sciemment, contre un Sony α7R IV. Les Sony sont formidables. De magnifiques optiques, un milliard de milliards de possibilités et ce si beau style créatif monochrome, comme cela s’appelle chez Sony. Mais le photographe de rue en moi n’a pas pu s’y habituer. Ce n’est pas que je ne lui aie pas laissé sa chance. J’ai erré trois jours dans Londres avec, en journée, ce sympathique 40mm F2.5 sur mon nouveau Sony α7 IV. Cela ne me convenait tout simplement pas. Nous ne sommes pas devenus de vrais amis, nous n’avons pas créé de lien.

Le mois dernier (2023, ndlr), j’ai reçu mon nouveau Fujifilm X-T5. Comme un ami perdu qui rentre à la maison. Ce n’est pas du tout que l’appareil soit meilleur, ni l’objectif, ni le format APS-C. Nos retrouvailles sont trop récentes pour cela. Non, une marque doit selon moi surtout vous convenir. Il faut être séduit par la marque, par l’entreprise et par sa communication. Il faut se sentir à sa place parmi les autres photographes qui utilisent cette marque. En tout cas quand on est aussi obsédé par la photographie que moi.

C’est une question de communauté. C’est peut-être mon passé dans le marketing, mais je suis en plein dans cette cible Fujifilm. S’il y a écrit Fujifilm dessus, on peut me le vendre. Je n’écris pas ceci pour faire l’éloge de Fujifilm, même si c’est une marque formidable. Avec les molettes de réglage sur le dessus et cette belle allure rétro. Voilà que je le fais quand même, désolé. Je n’écris pas non plus ceci comme une candidature spontanée à un poste de Fujifilm X-Photographer (même si je crois qu’il faut exprimer ses rêves). J’écris ceci parce que la photographie est tellement plus qu’un appareil ou qu’une marque d’appareil.

Quand on s’occupe de photographie jour après jour, il faut veiller à s’entourer de gens et de choses qu’on aime. Qui vous motivent. Des choses qui vous enthousiasment et dont vous pouvez continuer à parler avec entrain. Il faut veiller à ce que ce petit feu que vous avez ne s’éteigne jamais, et à lui donner le bon combustible.

Pour couper court à la blague : je ne dis pas qu’il faut jeter certaines marques au feu. Pas du tout. Si Olympus vous convient (et le système Micro Four Thirds), ou Nikon (avec ce son d’obturateur si agréable), devenez alors de bons amis avec cet appareil. Perdez-vous dedans, et apprenez à connaître votre ami le mieux possible. Créez un lien. Le X-T5 me fait penser à un vieux couplet de Toon Hermans : “Ce n’est que lorsque tu as quelqu’un qui rit avec toi et pleure avec toi que tu peux dire : j’ai un ami.” Nous allons vivre de belles aventures, mon Fujifilm et moi.

Cet article est d’abord paru dans Focus Magazine (le meilleur magazine photo des Pays-Bas), pour lequel j’ai eu le plaisir d’écrire une chronique dans chaque numéro en 2023 et 2024.

← Tous les articles

S’inscrire à ma newsletter

Inscrivez-vous maintenant et recevez gratuitement mon e-book avec 5 conseils indispensables pour la photographie de rue !